C’est une étape attendue de longue date par la communauté scientifique. Plus d’un an après son décollage, la mission Tianwen-2 de la Chine arrive à proximité de sa cible : (469219) Kamoʻoalewa, un petit astéroïde géocroiseur qui accompagne la Terre dans sa course autour du Soleil. Si tout se déroule comme prévu, la sonde deviendra l’un des rares engins de l’histoire à rapporter sur Terre des échantillons d’un astéroïde, après les missions japonaises Hayabusa et la mission américaine OSIRIS-REx.
Voici ce que l’on sait de cette mission, de sa cible énigmatique et du calendrier des prochaines semaines, à partir des informations communiquées par les agences spatiales et la presse scientifique.
La mission Tianwen-2 #
Tianwen-2 est la deuxième mission interplanétaire de la série « Tianwen » (littéralement « questions au ciel ») de l’administration spatiale nationale chinoise, après Tianwen-1 qui avait placé un orbiteur et un rover autour de Mars. La sonde a été lancée le 28 mai 2025 et s’est ensuite engagée dans une orbite de transfert vers son objectif.
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La mission poursuit un double but, ce qui en fait une opération inédite. Dans un premier temps, elle doit rejoindre l’astéroïde Kamoʻoalewa, l’étudier puis en prélever un échantillon qui sera renvoyé vers la Terre. Une fois la capsule larguée, le vaisseau principal est censé poursuivre sa route vers une seconde cible : la comète de la ceinture principale 311P/PANSTARRS, qu’il explorerait grâce à ses instruments embarqués. La sonde emporte selon les sources publiées une suite de onze instruments scientifiques (caméras, spectromètres, analyseurs) destinés à caractériser la composition et l’environnement de ces corps.
L’astéroïde Kamoʻoalewa #
La cible de la mission est un objet hors du commun. (469219) Kamoʻoalewa, aussi désigné 2016 HO3, a été découvert en 2016 par le télescope Pan-STARRS de l’observatoire du Haleakalā, à Hawaï. Son nom, d’origine hawaïenne, peut se traduire par « le fragment céleste oscillant » — une référence directe à son comportement orbital singulier.
D’un diamètre estimé entre 40 et 100 mètres, Kamoʻoalewa est décrit comme une « quasi-lune » de la Terre. L’expression demande une précision : l’astéroïde n’est pas en orbite autour de notre planète au sens strict. Il tourne autour du Soleil sur une trajectoire si proche de celle de la Terre qu’il semble nous accompagner en permanence, en décrivant une sorte de boucle vue depuis la Terre, sans être lié gravitationnellement à elle comme l’est la Lune. Cette stabilité — il devrait rester un compagnon de la Terre pendant encore des décennies — en fait une cible commode et scientifiquement précieuse.
Repère
Donnée annoncée
Astéroïde cible (469219) Kamoʻoalewa, alias 2016 HO3 Découverte 2016, télescope Pan-STARRS (Haleakalā, Hawaï) Diamètre estimé 40 à 100 mètres Statut orbital Géocroiseur, « quasi-lune » de la Terre Lancement de la sonde 28 mai 2025 (CNSA) Retour d’échantillons visé Fin 2027 (calendrier prévisionnel)
Le calendrier #
Les prochaines semaines s’annoncent décisives. D’après le calendrier prévisionnel relayé par les médias spécialisés, l’insertion en orbite autour de Kamoʻoalewa serait visée autour du 7 juin 2026. Cette manœuvre ouvrirait une longue phase d’observation rapprochée, au cours de laquelle la sonde se placerait à des altitudes de plus en plus basses — de l’ordre d’une vingtaine de kilomètres jusqu’à quelques centaines de mètres de la surface — pour cartographier l’astéroïde avant tout contact.
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Le prélèvement proprement dit serait programmé pour le début de l’été 2026. Selon la presse spécialisée, la collecte devrait s’appuyer sur une approche dite de « touch-and-go » (toucher-décoller), au cours de laquelle l’engin effleure la surface le temps de capturer de la matière sans s’y poser durablement. La sonde quitterait ensuite l’astéroïde courant 2027 pour entamer le voyage retour, la capsule devant rejoindre la Terre fin 2027.
L’intérêt scientifique #
Pourquoi cibler ce caillou plutôt qu’un autre ? Au-delà de sa proximité, Kamoʻoalewa intrigue par sa composition. Plusieurs travaux ont relevé que son spectre de réflexion ressemble à celui de silicates lunaires altérés par l’environnement spatial, ce qui a nourri une hypothèse séduisante : l’astéroïde serait un fragment de la Lune, éjecté dans l’espace à la suite d’un impact ancien. Si elle était confirmée, cette origine ferait de Kamoʻoalewa un témoin direct de l’histoire de notre satellite naturel.
Mais cette piste est aujourd’hui débattue. Une étude publiée dans Nature Communications propose une autre origine : l’astéroïde proviendrait de la famille de Flora, dans la ceinture principale, et présenterait une composition proche de celle d’Itokawa (la cible de la première mission Hayabusa), mais avec une surface davantage « météorisée » par l’espace. Autrement dit, les chercheurs ne sont pas unanimes — et c’est précisément ce qui rend la mission si attendue.
Fragment arraché à la Lune ou éclat de la ceinture d’astéroïdes ? Seule la matière rapportée par Tianwen-2 pourra trancher.
L’analyse en laboratoire d’un échantillon réel devrait permettre de lever le doute, là où l’observation à distance laisse place à l’interprétation. Au-delà de l’énigme de Kamoʻoalewa, l’enjeu est plus large : les astéroïdes géocroiseurs sont des vestiges relativement préservés des débuts du Système solaire. En étudier la matière aide à comprendre la formation des planètes, la distribution de l’eau et des composés organiques, et nourrit aussi les réflexions sur la défense planétaire face aux objets susceptibles de croiser la route de la Terre.
Questions fréquentes #
Qu’est-ce que la mission Tianwen-2 ?
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Pourquoi appelle-t-on Kamoʻoalewa une « quasi-lune » ?
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Quand la sonde doit-elle prélever ses échantillons ?
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Kamoʻoalewa est-il vraiment un morceau de la Lune ?
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Que fera la sonde après l’astéroïde ?
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Sources : agences spatiales et presse spécialisée. Article mis à jour régulièrement.
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