Ce samedi 17 octobre, premier jour des vacances de la Toussaint, des lycéens, des étudiants, des Gilets jaunes, des syndicats et des agriculteurs manifestent partout en France contre la vie chère et la hausse des carburants. Pour cette journée, les autorités attendent entre 70 000 et 150 000 manifestants.
- Partie d’une vidéo TikTok à la rentrée, la journée a été reprise par des figures des Gilets jaunes, puis par des organisations de jeunesse.
- Le site des organisateurs recense plus de 1 700 actions, dont environ 200 rassemblements sur des ronds-points.
- À Paris, le cortège part à 14 heures de la place de la République pour rejoindre la place de Clichy. 25 stations de métro restent fermées.
Plan de l'article
D’où vient l’appel du 17 octobre ? #
La mobilisation n’a pas commencé dans un bureau syndical. Selon Time France, l’appel initial a circulé à la rentrée dans une vidéo TikTok qui dénonçait la hausse des prix. Des affiches ont ensuite présenté la journée comme le retour des Gilets jaunes, et plusieurs figures du mouvement de 2018, dont Jérôme Rodrigues et Éric Drouet, l’ont relayée.
Cette colère a rejoint celle des lycéens et des étudiants, déjà dans la rue le mardi 13 octobre. Les organisations de jeunesse UNL, UNEF et FAGE, mobilisées depuis la mi-septembre sur les conditions d’études et sur Parcoursup, appellent à continuer. L’Union étudiante défend de son côté « dix mesures d’urgence », dont l’embauche de personnels éducatifs.
À lire Abattement fiscal des retraités : où en est vraiment le budget 2027
Qui manifeste, et pour quoi ? #
La journée réunit des publics qui défilent rarement ensemble. D’après Sortiraparis, la Confédération paysanne appelle ses adhérents à marcher, y compris dans les zones rurales. Elle réclame un revenu digne et une alimentation de qualité pour tous, et dénonce la hausse du gazole ainsi que le recul des services publics de proximité.
Les taxis sont aussi de la partie : le collectif Team Taxi attendait environ 2 000 véhicules pour une opération escargot entre la porte Maillot et l’aéroport de Roissy-Charles-de-Gaulle. FO Transports a déposé un préavis. En revanche, la FNSEA et les Jeunes Agriculteurs ne soutiennent pas le mouvement. La CFDT et FO, de leur côté, préparent une grève interprofessionnelle le 5 novembre.
Combien d’actions sont prévues ? #
Les chiffres varient selon la source. Selon France 24, le site des organisateurs recensait samedi matin 1 757 actions, dont plus de 800 manifestations et près de 200 rassemblements sur des ronds-points. En début de semaine, le décompte cité par Sortiraparis tournait autour de 500 actions et de plus de 90 manifestations, soit déjà le double de ce qui était prévu au départ.
Il faut lire ces chiffres comme des intentions plutôt que comme des prévisions de participation : une action peut aller d’un défilé dans une grande ville à quelques personnes sur un rond-point. Les autorités, elles, prévoient entre 70 000 et 150 000 manifestants dans tout le pays.
À lire Le pape Léon XIV opéré d’un cancer du poumon : ce que dit le bulletin du Vatican
Que s’est-il passé dans la matinée ? #
Les premières heures ont été calmes dans l’ensemble. Des blocages étaient annoncés dès 6 heures sur le pont de l’île de Ré et sur un pont de la Garonne à Bordeaux. Vers 9 h 30, l’AFP n’en constatait aucun, selon le direct de France 24.
À Lyon, une centaine de personnes, vêtues de noir pour la plupart, se sont réunies sur les berges du Rhône, et les forces de l’ordre ont fait usage de gaz lacrymogène. À Lille, quelques manifestants, dont certains en gilet jaune, ont bloqué l’entrée du siège du conseil régional des Hauts-de-France. À Paris, une tentative de blocage par des étudiants devant le siège du groupe Lagardère, dans le 15e arrondissement, a été rapidement dispersée.
Quel parcours à Paris, et quelles restrictions ? #
Le cortège parisien part à 14 heures de la place de la République. Il remonte les boulevards de Magenta, de Rochechouart et de Clichy pour rejoindre la place de Clichy, en passant par Barbès et Pigalle. Ce trajet est inhabituel : la préfecture de police a refusé un départ de la Bastille ainsi que tout itinéraire vers le centre. « Les manifestations qui se dirigent vers les lieux de pouvoir sont refusées, ce n’est pas normal », a déploré Coppélia Moreau, de l’Interfac Île-de-France, citée par France 24.
Le préfet de police, Patrice Faure, a interdit les rassemblements autour de l’Élysée, des Champs-Élysées et de Châtelet-Les Halles, ainsi que dans les gares. À la demande de la préfecture, la RATP a fermé dès 8 heures 25 stations de métro et l’arrêt du RER A à Charles-de-Gaulle–Étoile. Lors de la journée du 13 octobre, huit stations seulement avaient été fermées.
À lire Trump réclame « un nouveau président » pour l’Ukraine : ce que l’on sait
Une commémoration le même soir
Le 17 octobre est aussi la date anniversaire du massacre d’Algériens à Paris en 1961, dont on marque cette année le 65e anniversaire. Une marche part à 16 h 30 du cinéma Le Grand Rex, et un rassemblement est prévu à 18 h 30 sur le pont Saint-Michel, deux rendez-vous sans lien avec la mobilisation contre la vie chère.
Ce qu’il faudra regarder ce soir #
Le vrai test sera la participation, que la police et les organisateurs chiffreront en fin de journée. Une forte affluence relancerait la question d’une suite au mouvement, avec la grève interprofessionnelle du 5 novembre comme prochaine étape. À l’inverse, une mobilisation dispersée confirmerait la difficulté de faire converger, dans un même cortège, des revendications scolaires, sociales et agricoles. Pour les déplacements, la préfecture de police reste la seule source officielle du parcours et de ses éventuelles modifications.
Questions fréquentes #
Les transports en commun sont-ils en grève ce samedi ?
Aucune grève des transports en commun n’a été annoncée. En Île-de-France, les perturbations viennent surtout des 25 stations de métro fermées sur décision de la préfecture et des opérations escargot possibles sur le périphérique.
Les vols sont-ils maintenus ?
Selon Sortiraparis, les vols devraient être assurés normalement : l’intersyndicale a suspendu le préavis de grève des personnels navigants prévu du 17 au 21 octobre.
À lire Rénover son appartement : penser le salon avant les finitions
Y a-t-il une suite prévue ?
La CFDT et FO prévoient une grève interprofessionnelle le 5 novembre 2026. Les organisations de jeunesse, elles, appellent à prolonger la mobilisation commencée le 13 octobre.




