Bordeaux Métropole a franchi le cap des 1 000 bornes de recharge pour voitures électriques dans ses parkings publics. La borne inaugurée symboliquement le vendredi 6 novembre au parking de Mériadeck était en réalité la 1 027e, installée en deux ans par TotalEnergies pour la régie Metpark. L’objectif affiché va plus loin : 1 500 places équipées courant 2027 et un doublement du nombre de bornes sur toute la métropole d’ici la fin du mandat.
Plan de l'article
Un réseau monté en deux ans #
Le compte rendu de Sud Ouest détaille le dispositif. Metpark gère 36 parkings et 15 000 places à l’échelle de la métropole. La loi d’orientation des mobilités (LOM) impose d’équiper 5 % des places de stationnement en points de recharge. La régie a choisi d’aller au-delà de ce seuil.
Le calendrier a pourtant glissé. L’objectif de 1 500 places équipées est désormais fixé à 2027, avec un an de retard sur le prévisionnel en raison de contraintes techniques. Christophe Duprat, premier vice-président de la métropole et président de la régie, se souvient qu’à l’annonce de ces chiffres en 2024, « on nous regardait avec un peu d’incrédulité ».
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Recharge lente ou ultrarapide : deux usages #
Le parking de Mériadeck illustre la logique du réseau. Au niveau -1, 85 bornes sont installées. La grande majorité, 79 points, délivre 7 kilowatts : c’est une recharge lente, adaptée à un véhicule garé plusieurs heures. Les six autres montent à 100 voire 200 kilowatts. Selon les intervenants cités par Sud Ouest, elles permettent de passer de 20 à 80 % de batterie en 23 à 24 minutes.
Ce mélange répond à des usages très différents. Mériadeck sert à la fois de parking de centre commercial, de parking de quartier pour les riverains et de stationnement pour les agents des administrations voisines. Le salarié qui reste la journée n’a pas les mêmes besoins que le client pressé qui veut repartir après ses courses.
Pourquoi miser sur les parkings fermés
Les parkings publics souffrent, comme dans beaucoup d’agglomérations, d’une baisse de fréquentation, reconnaît Christophe Duprat. Les équiper en bornes est aussi une manière de leur redonner de l’intérêt.
L’opposition écologiste, représentée au conseil d’administration de Metpark, soutient ce choix. Selon l’élu Olivier Cazaux, c’est dans les parkings qu’il faut développer les bornes, « pas dans l’espace public ».
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Objectif : 6 000 bornes sur la métropole #
Le réseau de Metpark n’est qu’une partie du plan. En septembre, le maire de Bordeaux et président de la métropole Thomas Cazenave avait annoncé un appel à manifestation d’intérêt auprès des opérateurs privés, rapportait déjà Sud Ouest. La métropole comptait alors 3 000 bornes au total, et l’ambition est d’en doubler le nombre durant la mandature.
Le 6 novembre, l’élu a confirmé le cap : « On sera à 6 000 bornes en fin de mandature ». La collectivité ne compte pas tout financer elle-même. Le réseau qu’elle exploite en direct compte 171 stations pour 440 points de recharge. Les nouveaux opérateurs privés bénéficieront d’incitations financières et verseront en contrepartie une redevance.
Une demande qui suit
Selon les chiffres avancés par la métropole en septembre, l’utilisation des bornes publiques progresse de 50 % par an depuis 2018. Les élus disent être de plus en plus sollicités par des habitants qui n’ont pas de garage, et donc pas de prise à domicile. C’est précisément pour eux que les bornes en parking ont le plus de sens.
Ce que cela change pour les conducteurs #
Pour un automobiliste bordelais sans place privée, la recharge devient plus simple à organiser. Il peut laisser sa voiture la nuit ou la journée sur une borne lente de parking, ou passer une vingtaine de minutes sur une borne rapide lors d’un arrêt en centre-ville.
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Avant de s’abonner à un parking pour sa borne, mieux vaut vérifier trois points auprès de la régie : le type de prise, la puissance réellement disponible et le mode de facturation, au temps ou au kilowattheure. Ces conditions varient d’un parking à l’autre.
Le déploiement bordelais montre en tout cas une tendance de fond : la recharge publique se déplace vers les lieux où les voitures stationnent déjà longtemps. Les parkings en ouvrage, longtemps vus comme de simples garages payants, deviennent des stations d’énergie.




